Les anniversaires passent et avec l’âge, on ne fait plus vraiment la différence. Jusque là, ça a toujours été une occasion de redescendre voir la famille (on ne la voit jamais assez), de voir quelques potes restés sur Toulouse et de faire une petite fête pépère dans le genre de bar où l’on se sentira toujours chez soi. Mais cette année, petite erreur de parcours (en plus de celle texane), je ne peux pas descendre pour cause de plongées en Egypte. Il n’y a rien à faire, j’ai beau essayer de vendre ça pour un stage technique barbare où l’on travaillera comme des malades pendant des jours pour agripper du bout des doigts un niveau et l’arracher, chaque fois, on crois que je vais glander allongé dans un transat, lunettes de soleil au bout du nez, une Margherita à la main.

Réflexion faite, c’est un peu comme quand j’étais allé faire une conférence à Venise. La destination occulte le but de la visite et là encore, on m’avait accusé, à tort, de passer un week-end de luxe dans une destination paradisiaque. Mais ce que les gens ne voient pas, c’est que Venise, ça pue, c’est blindé de touristes et… Non, rien à faire, je n’arrive même pas à me convaincre moi-même : joindre l’utile à l’agréable a du bon et de l’avenir.

Et donc, par un concours de circonstances fortuit (et les ponts de mai doivent y être pour quelque chose), je me suis trouvé en Egypte pour mon anniversaire. Lesdits ponts permettent de jouir d’une semaine de vacances à moindre frais. Celle-ci a fort bien commencé par une soirée dans un bar Parisien renommé dans le petit monde ludique : l’Ancora. Je ne sais pas si c’est la première fois que j’en parle sur mon blog mais si c’est un oubli, l’erreur est désormais réparée.

Juste après avoir fourré mes affaires dans mes sacs, je cours vers l’Ancora pour quelques parties de jeux de société agrémentée de quelques petits verres de ce vin rouge fort et puissant (c’est peut-être une piquette, je n’y connais rien mais j’aime, c’est peut-être la bonne ambiance du lieu qui lui donne ce goût velouté). Et là, devinez quoi… Anniversaire surprise d’un pote (Fufu pour les intimes) et de moi-même… Ah, ils sont super cool les potes quand même. Ca fait plaisir et je manque de temps pour continuer à les remercier, donc à nouveau merci à tous les TricTraciens.

Les vacances commencent donc par une super soirée mais le lever le lendemain est prévu à 4h20, dur dur. Mais à l’aller, tout est optimisé : poids du sac à 19.50kg, temps de parcours arrivés 5minutes avant le départ du bus, tout est aux petits oignons. Le seul regret que j’ai est de m’être levé à 4h20 pour un départ de l’avion à 9h et des bananes : on a oublié d’optimiser le sommeil.

Nous voilà donc parti pour l’Egypte, ce pays au bordel continu, où le klaxon sert à dire à la fois bonjour, au revoir et la pire insulte possible, où tout est négociable et où le vendeur nous fera toujours un « special price for you my friend ». Les Egyptiens sont tout simplement énormes. Outre le fait qu’ils soient serviables (pas forcément efficaces, surtout les gens de l’hôtel au contraire du personnel à bord), ils ont un sens de l’humour hors du commun et un sens de l’autodérision qui m’épate.

Déjà, il y a pas mal de changement par rapport aux sorties techniques en méditerranée : on peut vraiment faire de l’exploration après nos remontées, au grand détriment de nos moniteurs qui iront même jusqu’à nous interdire les appareils photos au bout de quelques remontées trop touristiques. Je me prends même à faire des guiliguilis à un poisson clown, la sentence s’ensuivra rapidement : c’est mal de ne pas s’occuper de sa palanquée.

La progression de chaque élève est nette au cours du stage, ça fait plaisir. Il n’y a pas de grosses boulettes à bord, mise à part quelques joints qui pètent. Ca surprend toujours mais il paraît que c’est monnaie courante avec le matériel en Egypte. Il faudra que je pense à passer en DIN moi tiens. Le soir, les apéros s’enchaînent à un rythme effréné : Jacques est toujours là avec les bouteilles à 19h pétante, il ne faut pas déconner. Les seuls retardataires sont les moniteurs mais ils ont reçu notre permission (à moins qu’ils se la soient accordées en même temps qu’ils ont pris une bouteille de rhum de la réserve).

Mais la date de mon anniversaire arrive et grâce à certains indicateurs, ce petit phénomène n’est pas passé inaperçu (ok, j’ai laissé quelques perches aussi :p). La journée commence déjà par un petit 800m d’échauffement histoire de voir si les muscles tiennent toujours le coup à mon âge. Les remontées se passent bien, je finis à l’eau entre midi et deux, et on a même le droit à une charmante caméraman à bord qui filmera nos exploits techniques ainsi que certains poissons que l’on aurait manqué pour faute de remontée trop rapide. Pour couronner le tout, la journée se termine par une plongée de nuit totalement mystique. Les poissons sont endormis et l’on peut voir les petites bébêtes sortir le bout de leur nez. Les yeux de crevettes font de petits points rouges lumineux sous l’éclat des lampes mais elles courent vite se cacher. Contrairement à une plongée de jour, on peut entendre la nuit un cliquetis incessant, ressemblant à un roulement de petits cailloux perpétuel.

Mais c’est surtout la soirée qui restera mémorable. La soirée au Papa’s, repère à plongeurs d’Hurghada qui viennent narrer leurs exploits sous-marins ou bien juste boire une bonne bière (ou plusieurs d’ailleurs, je me suis fait avoir). J’avoue ne pas trop me rappeler de la soirée, c’était cool en tout cas. Tellement que je ne plongerai pas le lendemain d’ailleurs. Non pas que j’ai bu comme un soiffard, mais l’omelette du matin m’a achevée (je démentirai toute autre version des faits). Pendant que je serais mourant de mon intoxication alimentaire (et oui, c’est bien ça ma bonne dame), les collègues me taguent un T-shirt tu Papa’s en souvenir de cette veille mémorable et ils me l’offriront le soir en même temps qu’un gâteau d’anniversaire surprise pour Marie et moi. C’est classe, c’est émouvant, merci encore.

Le vendredi est la journée des derniers efforts pour certains et la journée de récompenses pour d’autres chanceux : 40m pour les nouveaux N2 et 60m pour les nouveaux N3 (je suis embrigadé dans cette fournée là). J’appréhende légèrement cette descente. 60m, c’est profond, très profond ! Bon, j’ai entièrement confiance dans les capacités de JP et des autres membres de la palanquée, pas de soucis de ce côté-là. Mais bon, ça reste très profond quand même, on va bien se saturer, pas forcément voir grand-chose, être narcosé à coup sûr. J’en profite pour énormément boire avant de plonger au point que j’aurais une sacrée envie de pisser vers la fin de la plongée (mais je n’aurais jamais fais pipi dans ma combi de la semaine, moi content !). Tout le monde vérifie bien le matériel de ses collègues de palanquées. J’en profite pour critiquer le manque de purge haute dans la wing de David. Je sais que les tekkies n’en mettent pas mais je ne jure que par ça. Ah ! 29  ans et déjà un petit vieux avec ses petits habitudes.

On s’immerge, JP insiste bien sur le fait qu’on soit rapprochés en binômes et c’est parti : 20, 30, 40. Tout est nickel. Sans qu’on s’en aperçoive, on est déjà à 50. Bigre, il faut faire attention car on ne sent pas de différence physiquement. Après un petit arrêt pour entrevoir un énorme Napoléon (d’un bon mètre de long), nous repartons. 60. Pareil, toujours aucune différence notable. Il fait juste un peu plus sombre, comme si la nuit serait en train de tomber. Je vérifie mes instruments : un ordi me donne 62.40m et le mien me donne 60.70m. Je fixe mes ordis pour voir s’ils évoluent de la même manière et c’est le cas. David profitera pour dire que j’étais complètement narcosé alors que je vérifiais mes instruments : le traitre.

On commence ensuite la remontée. Ayant dû remonter en dessous de 10m/min, je vois JP puis David qui me disent de remonter… Mais c’est ce que je fais crénom de nom mais je ne veux pas transformer mon sang en champagne un soir de réveillon cornegidouille ! Donc je remonte à mes 10m/min (mon log me donnera raison, na !) mais ça me fait penser qu’en tant que guide de palanquée, il faut bien faire attention à ce que ses petiots soient en dessous pour la remontée car sinon, on risque de se faire une remontée rapide ! Bref, on se finit tranquillement en explo et on poussera le vice en redescendant un poil pour aller admirer une superbe gorgone géante. Alain finira sur l’octopuss d’Hervé et on remontera tout sourire sur le bateau. En plus, aucun de nous n’a fait d’ADD par la suite, c’est pas classe ça ?

L’après-midi, les fauves sont lâchés en ville pour aller faire leurs emplettes. J’accompagne David qui va acheter quelques vêtements. Le vendeur est très sport et on s’amuse pas mal à marchander, on aurait pu être plus agressif et avoir un prix défiant toute concurrence mais on ne voulait certainement pas y passer toute l’après-midi. Non pas qu’on n’avait pas le temps mais bon, on n’avait pas que ça à faire. Enfin, on n’avait pas grand-chose à faire mais pas ça !

La dernière soirée au Papa’s était aussi assez monumentale ou tout simplement ENORME. Là encore, mes souvenirs sont troubles (ils sont totalement clairs mais je fais comme si j’avais tout oublié, c’est très pratique dans ce genre de situation). Notre groupe de plongeurs investit à nouveau les lieux pour le plus grand plaisir du patron (qui ne nous a jamais payé un coup à boire, traitred’irlandais !). Heureusement pour nous, certaines personnes sont lucides et nous allons attendre le bus en boite, pépère. Toute une semaine et on n’avait jamais pensé à visiter la boite de l’hôtel. A tort ou à raison, je n’en sais fichtre rien mais pour le coup, ça fait plaisir de trémousser son popotin.

Mais c’est déjà l’heure du départ, c’est triste mais les belles choses ont toujours une fin. A quand la prochaine ?

Au bilan de cette semaine, j’ai réussi à passer quelques exercices pour le N4, tout le monde s’est bien amusé tout en progressant techniquement. En un mot : génial ! Merci JP !

Mon anniversaire cet année était mémorable, merci à tous.

Mes photos sous-marines sont disponibles ici :
http://picasaweb.google.fr/stephane.c.m.besnard/Hurghada2008.

Je vous invite aussi à visiter les galeries de deux potes qui étaient partis pour de l’exploration pure et dure, ça vaut beaucoup plus le détour que ma galerie, somme toute un peu morne :
http://picasaweb.google.fr/L.Doum78/HurghadaMai2008
http://picasaweb.google.fr/isabel78.1/HurghadaStageTechBioLoisir2008

Il paraît aussi que Gilles a écris un rapport calomnieux sur cette sortie, j’attends de voir avant de juger ;)