Il paraît qu’en France, tout le monde ne parle que de la coupe du monde de Rugby, que les spots publicitaires se déchaînent, que c’est la folie de partout. Et bien ici, personne ne sait ce qu’est le rugby.

Le problème est, qu’entre bons patriotes, nous avons voulu voir le match d’ouverture pour voir ce qu’allait faire la France de cette équipe qu’on lui avait mise en pâture. Une équipe si bien préparée, qui a réussi tous ses matchs amicaux avec brio.

Pour la bonne cause, on quitte le chantier tôt. Il faut dire tout de même que les bureaux sont vides: les marocains ont eu l’autorisation de sortie pour aller voter. C’est plus civique mais moins passionné que le sport (quoi que certains politiciens propagandistes pourraient y trouver un devoir civique).

Je rentre donc avec Paul et il n’y a qu’un seul accident qui a visiblement fait de bons blessés (ambulance rouge). Un choc frontal habituel et nous passons notre chemin.

Un détail qu’on néglige fortement lorsque l’on est dans un autre pays, c’est à quel point la culture peut être différente et surtout à quel point cette différence de culture peut être gênante. Par exemple, avez vous essayé de voir un match de rugby au Maroc? Autant pour le foot vous trouverez chaque boui boui qui relate les exploits du Barça ou du Real, autant pour le rugby, ils se demandent pourquoi des gens poussent une patate.

Cependant, nous avons une porte de sortie: TV5 est censé diffuser le match. YES.

Ayant eu ouïe dire que l’hôtel Rembrandt disposait d’un satellite, nous nous dirigeons vers les hauteurs de Tanger. Le barman comprend notre désarroi et tente de changer de chaîne. La télécommande est capricieuse cependant et ne se laisse pas dompter aussi facilement. Elle résiste et fait croire qu’elle n’a plus de pile. Le barman fait des allers-retours pour tenter de solutionner le problème sous le regard dubitatif de l’unique client buvant tranquillement sa bière. Soudainement, par miracle ou par je ne sais qu’elle opération divine, TF1 apparaît dans la liste des chaînes. Quelques minutes plus tard, on arrive dessus, entrée des joueurs sur le stade, scène de liesse au bar, écran noir de la télé, désarroi le plus total.

On s’enfuit vers le Ramada: vu qu’on a TV5 et qu’ils ont un écran géant, ça marchera sans doute. Que nenni, ils ont bien TV5 mais une version spéciale, apparemment Suisse (je les déteste, c’est officiel). Gargl, le match a commencé, AU SECOURS (le supportus minus est con!). On appelle le directeur de projet à la rescousse pour voir s’il n’aurait pas une solution de dernier secours (sans pour autant aller jusqu’à s’inviter chez lui, même si l’on y a fortement pensé).

Suivant ses conseils, nous sortons de l’hôtel pour en trouver un juste à côté, hôtel de luxe qui devrait avoir la télé avec satellite. Nous gambadons gaiement dans les rues de Tanger, le coeur léger à l’idée de voir la seconde mi-temps au moins. Mais le sort s’acharne sur nous et après avoir fait le tour du pâté de maison, il nous est impossible de trouver l’entrée de l’hôtel dont l’enseigne bleutée scintille au dessus de nous. Un second tour du pâté de maison et une fois le pâté en croûte enlevé des yeux, on trouve l’entrée (qu’on ne pouvait pas rater mais on est des boulets, on ne se refait pas).

Dernière obstacle devant nous: TF1 n’est pas programmé (la scoumoune j’vous dis les enfants). Tout se termine bien, le technicien nous règle la chaîne, on voit le match, on crie, on râle, on boit des bières, on enfourne les p’tits fours, on râle encore. Martin laisse s’échapper une balle. L’argentin l’intercepte et cooooouuuurrrttt: essai. Et merde!!! On continue à râler, à boire, à enfourner les p’tits fours mais le temps défile et les secondes coulent (à moins que ça ne soit le contraire). L’équipe des 4 uniques supporters est crispée, rien ne se passe. Michalak rate sa pénalité. Meeeeerrrde. Match perdu mais c’était mérité. Si je peux juste me permettre une petite opinion sur la chose: virer Giraldi. Ce type est une buse, il est inutile, ne connaît rien et veut tout expliquer. Quand il dit que les argentins ne tiennent plus debout et sont à bout, il pipote à mort. Bref, il m’énerve!

Je pense que l’Equipe commentera sûrement mieux que moi ce match qui était loin d’être d’anthologie. Nous somme déçus et allons finalement nous sustenter dans un petit boui boui.

Quel régal. Ca n’est qu’un petit truc et les vendeurs cherchent à tout prix à nous refourguer leur foie de veau mais quel bonheur d’être entouré de monde lors de son repas. Les soirées dans les restaurants et surtout celui de l’hôtel sont glauques, il n’y a personne, on se sent seul. Là, ça respire la vie. Je suis heureux.